L’être en mots : le silence des émotions

“Si vous voulez être libre de vos émotions il faut avoir la connaissance réelle, immédiate de vos émotions.”
— Arnaud Desjardins —
Alexithymie, n.f. : difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions ou celles des autres.

Un concept

L’alexithymie est un concept inventé en 1970 par John Nemiah et Peter Sifneos. Ce terme est tiré du grec a — préfixe privatif, lexis — mot et thymus —humeur. Il faut savoir que de nombreuses études ont été mené afin de mieux comprendre ce trait de personnalité.
En 2004, environ 15% de la population était alexithymique. Cette incapacité à exprimer ses émotions ou celles des autres résultent d’une déficience entre les zones du cerveau destinées aux émotions et celles où les émotions sont représentés de façon consciente. En d’autres termes, le lien entre les deux zones se fait mal et empêche ainsi les personnes à mettre des mots sur leurs émotions.
Les personnes atteintes de ce trouble arrivent à décrire ce qui se passe physiquement dans leur corps à l’instant T. Mais quand il s’agit de mettre une émotion sur leurs ressentis, ils n’y arrivent pas. On peut donc dire qu’elles ressentent les choses mais n’en prennent pas conscience et ne les expriment pas. Elles ne sont tout simplement pas à l’aise à l’idée d’ “exprimer ce qu’elles ont sur le cœur”.
L’alexithymie se compose de :
  • l’incapacité à reconnaitre, identifier et exprimer verbalement ses propres émotions
  • la limitation de la vie imaginaire
  • la tendance à éviter les conflits
  • la description détaillée des faits, évènements ou symptômes physiques.

Le silence des émotions

“Je ne sais pas ce que je ressens”. Ou “Je n’aime pas ce que je ressens”. “Je ne sais pas quoi penser de ce que je ressens”… Toutes ces phrases présentent une chose en commun l’incapacité à dire une émotion. En effet, pour certaines personnes, l’alexithymie se manifestera par une grande confusion. La personne ne sait pas différencier ses ressentis. Dans certains cas ces problèmes peuvent venir de l’éducation, de l’enfance, des origines ou de la culture. À une certaine époque, il était mal vu voire dévalorisant de s’exprimer.
Pour d’autres, elle se manifeste par une expansion des émotions négatives plus que positives. Ce qu’ils éprouvent est pénible et douloureux. Ce système découle souvent d’un traumatisme après lequel la personne se mettra en mode défense. Il n’aura pas réussi à distinguer l’événement de la sensation et se protègera donc en dissociant les deux. Nommer la douleur reviendrait pour lui à réveiller le souvenir douloureux.
Il existe en plus de ceux présentés avant, beaucoup d’autres manifestations de ce trouble. Il faut savoir que cette incapacité d’expression peut engendrer de nombreux autres troubles psychosomatiques comme les troubles du comportement alimentaires (TCA), les stress post-traumatique, l’abus de substances psychoactives, ou encore les troubles anxieux

Que faire ?

Dans le processus émotionnel, on ressent avant de donner une représentation verbale. Il est donc parfois recommandé de lire des livres, d’ouvrir des dictionnaires. L’émotion “Colère”, par exemple, peut être définie avec tant de mots différents comme bouillonnant, rage… Un mot prendra peut-être plus de sens qu’un autre à vos yeux.
De plus, pour mieux verbaliser les émotions, il est nécessaire de libérer son corps en utilisant des techniques non verbales comme la sophrologie, la relaxation, le shiastu. Par ces approches psychocorporelles, le corps laisse de la place aux ressentis agréables.

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